Bertrand Bataille

Sur le quai - 2016 - huile sur toile 116x81cm

 

  • Invité par l’association  » VUES D’ARTISTES  » – du 17 /09 au 2/10 2016 – Eglise de St. MACAIRE en MAUGE 49450  
  • Salon ART 3 F. – du 23 au 25/09 2016 –  sur le stand de la galerie Feuillantine – Parc des Expositions  BRUXELLES

 

 

 

 

 

Elsa Baratter

  • Exposition collective  – du 20/09 au 08/10 2016 – « ARTISTES POUR LA PAIX »  – Médiathèque Pablo Neruda & patio de l’Hôtel de Ville  22Bis / 24, rue Béranger  92240 MALAKOFF

           Vernissage le 23 septembre à partir de 18h03-sculptures-robert-1b

 

  • Exposition collectivedu 1/10 au 16/10 2016 – « BIENNALE DE LA SCULPTURE ANIMALIÈRE » –  Salle Patenôtre, 64, rue Gambetta  78120 RAMBOUILLET

 

  • Exposition collective  – du 29/10 au 6/11 2016 – « D’ICI ETD’AILLEURS » – Salle Georges Pompidou, Boulevard Gambetta  95640 MARINES

           Vernissage le 28 octobre à partir de 19h30 

 

 

 

Barbara Navi 

  • Salon « LA FORCE DE LA PEINTURE »  –  du  24/09  au  02/10 –  VIRTON   Belgique 13937808_1621221594836546_7374966072591490158_o
    Avec Li Fang, Herve Georges Ic, Barbara Navi, Lise Stoufflet, Lyzane Potvin, Manuel Léonardi, Jean-Luc Curabet, Nathalie Deshairs, Blanchet Jean-Luc, Mathieu Boisadan, Anne-Claire Schmit, Cristine Guinamand, Aurélie de Heinzelin, Dominique Albertelli et Christophe Avella Bagur.

    Publication à cette occasion  de l’ouvrage  « Peinture Contemporaine » de Athénaïs Rz, Editions LE COMBLE

     

 

 

  • Exposition  « ANABASE » – 24Beaubourg  – Commissariat Laurent Quénéhen  – du 24/11 au  17/12  2016 – 24 rue Beaubourg 75003 PARIS    – Mer > Sam 11h00-19h00
    Communiqué de presse   L’exposition s’ouvre sur un plan séquence, vaste panoramique de paysages qui se décomposent, se dématérialisent en pixels d’huile, un ciel meurtri s’effondre sur les montagnes qu’il couve. Sur l’écran blanc des toiles, des personnages sont au sol ou apparaissent casqués, sombres réfugiés d’expéditions lointaines à la recherche d’une terre d’accueil, ils semblent s’extraire de la couleur, traverser la représentation pour nous parler à l’oreille de leur souffrance, de leur errance et de nos yeux qui se ferment pour ne pas vivre leur douleur.  L’un des pionniers du voyage est Andreï Tarkovski, il a traversé l’espace en 1972 avec son film « Solaris » qui s’inspirait du roman éponyme de l’auteur polonais Stanislas Lem. Trente ans plus tard, Steven Soderbergh refera le voyage « Solaris ».
    Dans son projet, Barbara Navi reprend à son compte ces Solaris passés, mais replace l’œuvre originale de l’écrivain dans un axe pictural qui lui sied bien, puisque composé de tableaux fixes qui juxtaposent les séquences lentes de paysages et les flashs back rapides, les zooms sur les visages et les détails inaperçus. 14291813_1636733509952021_9134019876642034180_n
    L’atout de cette perspective est le libre choix du regard laissé au visiteur, c’est l’un des avantages de la peinture sur le cinéma, c’est un montage qui se fait en marchant et dont on peut choisir les
    coupes. La sensation se dévoile au fil des pas, mais il n’est plus nécessaire de suivre la linéarité temporelle, les retours en arrière se font à discrétion et le temps de visionnage est de 24 secondes par image.
    Andrei Tarkovski est habité par la synesthésie, la pulsation sensitive, c’est un artiste qui relie des mondes, raccorde le spirituel et le réel vers le troisième mouvement qui est celui de la fonction poétique. Barbara Navi est dans cette lignée sensible, sa peinture est une violence faite au réel, aux circonstances du monde qui le quadrille, des hommes tombent dans ses peintures, un des tableaux semble prolonger le “Tres de Mayo 1808” de Francisco de Goya, son personnage tout de blanc vêtu est collé au sol, les bras en croix.
    A l’origine du mot Anabase est une expédition de dix mille hommes grecs venus combattre en Mésopotamie en 401 av. J-C. Vaincus, les survivants errèrent longtemps et sur plus de 6000 km avant de retrouver leur pays. Xénophon d’Athènes qui participa à ce long périple en fit le récit : l’Anabase. C’est aujourd’hui le peuple syrien qui prolonge l’errance pour survivre à la guerre et c’est l’angoisse infinie de tous les peuples victimes de leurs dirigeants, c’est là encore l’univers que peint Barbara Navi où l’on voit sans équivoque le désarroi d’un voyage dans un espace forclos et mouvant qui a perdu sa capacité de soutien à l’humain. Dans la légende, les villes de Sodome et Gomorrhe ont été détruites car elles n’exerçaient plus l’accueil de l’étranger, elles sont devenues des planètes fermées et perdues.
    Andreï Tarkovski tentait dans son espace cosmogonique d’échapper à la censure soviétique, comme Stanislas Lem auparavant, mais son film subit des dizaines de coupes, comme aujourd’hui ceux qui abritent les migrants de Calais sont passibles de prison, comme l’art tend à être certifié accessible pour les petits enfants et les politiciens moralistes. La censure, la sécurité et les fermetures risquent d’être les maîtres-mots de notre avenir si nous n’y prenons pas garde.
    Anabase est un avertissement, une réflexion philosophique sur les expérimentations Solaris, c’est un voyage émotionnel, une migration. Le fil court de l’histoire réelle de la Grèce antique à la mythologie des villes détruites et retourne dans l’histoire des peuples errants, c’est la chute d’Icare qui s’est brûlé les ailes en espérant trop loin et c’est le récit de nos sensations : on est dans ce qu’on voit. C’est bien ce que voulaient fuir les surréalistes en fermant les yeux et c’est ce que nous avons appris avec les neurones miroirs, mais que les hommes savaient instinctivement depuis toujours : impossible d’échapper à ce que l’on regarde, à la souffrance de l’autre, même si cette souffrance n’est que picturale ou cinématographique. La peinture de Barbara Navi ne fait pas semblant de s’effondrer sur vos épaules. Vous perdrez votre chemin dans l’Anabase, mais vous survivrez.
    Laurent Quénéhen